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samedi 21 mai 2022
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L’association « J’abrite un réfugié » de Monthureux-sur Saône se mobilise "Les conditions d’une bonne intégration temporaire des familles"

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Albin Coanet le créateur de l’association

Aidé de quelques amis au départ et faisant jouer l’ensemble de ses réseaux, Albin Coanet originaire de Xertigny s’est dit qu’il fallait agir vite et parer au plus pressé face à la crise ukrainienne. L’association « J’abrite un réfugié » est créé depuis le 5 mars et a déjà accueillis dix huit personnes. Un grand élan de solidarité se met en place dans toutes les Vosges. Albin Coanet nous parle de la situation des réfugiés arrivés dans le département.

À quel moment avez vous crée votre association ?

« L’association a été crée le 5 mars car je me suis dit très vite qu’il y avait urgence et qu’il fallait faire quelque chose. J’ai commencé par compulser les pages de mon agenda en appelant mes amis, puis je me suis très vite rapproché de Raynald Magnien-Coeurdacier l’ancien maire de Monthureux-Sur-Saône. Raynald a travaillé depuis des années sur le problème des réfugiés et son aide a été immédiatement précieuse. Monsieur et Madame Moine nous ont ensuite très vite rejoints. Madame Moine est polonaise et à de la famille en Pologne. Ils ont été notre relais pour bien comprendre la situation des réfugiés sur le terrain et surtout d’analyser les besoins immédiats à mettre en place pour leur venir en aide dans les meilleures conditions possibles », confie Albin.

Quelle est la situation des réfugiés qui sont arrivés en Pologne ?

« Il faut savoir avant tout que les réfugiés Ukrainiens fuyant l’armée russe ne se concentrent pas seulement sur les frontières de Pologne. Ils ont avancés aujourd’hui vers le centre du pays pour se mettre en sécurité. Au moment où je vous parle, des réfugiés il y en a partout. Il sont dans les gares, dans les gymnases et dans les écoles. Ce sont des réfugiés de guerre. Il suffit pour bien comprendre la situation actuelle de voir les photos de l’exode en France durant la dernière guerre mondiale, où des milliers de personnes se sont retrouvées sur les routes pour aller se mettre à l’abri ».

Comment vous êtes-vous organisé ?

« La première des choses que nous nous sommes dite est qu’on ne pouvait pas s’organiser sans structure. Au début nous étions 8 personnes pour former le bureau. Nous ne sommes cependant pas une ONG et le but n’est pas d’accueillir 10.000 personnes. Il fallait réagir dans l’urgence. On s’est surtout demandé à notre petit niveau ce qu’on pouvait faire et comment. Il était important de s’organiser très vite afin d’accueillir des femmes et des enfants qui fuient les bombes, et dont les pères et les maris sont restés sur le terrain pour se battre ».

Comment sont accueillies ses familles ?

« Pour l’instant les familles sont accueillies à Monthureux-sur-Saône, Xertigny et Épinal. Depuis nos passages à la télévision et la diffusion dans la presse de ce que l’association met en place, nous avons eu des propositions d’accueil de très nombreuses villes du département. Beaucoup de particuliers nous ont aussi contactés pour nous offrir leur aide. À ce jour nous avons déjà accueillis dix huit personnes. Ces réfugiés sont immédiatement déclarés à la Préfecture mais également dans les communes où ils se trouvent. Il faut penser ensuite à la scolarisation des enfants afin d’essayer de les faire vivre le mieux possible. Un grand nombre d’associations nous aident et nous rencontrons chaque jour des gens formidables. C’est une belle aventure humaine. La solidarité fonctionne et c’est bon signe dans notre pays. Une de nos bénévoles est professeur au collège de Xertigny. Elle fait le lien entre le collège et les maires des communes concernées. Elle nous aide infiniment ».

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez avec l’accueil des familles ?

« Devant la situation que nous connaissons, tout est à réinventer. C’est un peu comme dans la médecine de guerre. Il faut parer au plus pressé. Tout ne peux pas être parfait et nous en sommes conscients. Personne n’est préparé à ces situations, alors on va vers l’essentiel. On fait attention de ne pas séparer les gens qui arrivent chez nous et de sécuriser l’accueil. Il est important de leur fournir ce dont ils ont besoin pour vivre. Il faut cependant du temps car personne n’est dimensionné pour faire vite. On espère surtout pour les Ukrainiens que c’est une situation transitoire. L’ensemble des Ukrainiens que nous accueillons attentent la fin des conflits et espèrent une solution diplomatique qui leur permettra de rentrer chez eux le plus rapidement possible. Personne ne sait combien de temps va durer ce conflit. Les migrants qui fuient l’Ukraine aujourd’hui le font essentiellement pour se mettre à l’abri des bombardements ».

 




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