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samedi 28 mai 2022
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Etty Hillesum, un chant de vie au delà des barbelés Olivier Risser nous fait réfléchir au mal en prise avec "le mal absolu"

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Le nouveau livre d’Olivier Risser

Le nouveau livre d’Olivier Risser intitulé « Etty Hillesum – Un chant de vie par delà les barbelés – nous transporte dans le camp de Westerbrock, camp de transit et de travail allemand. Depuis ce camp où fut détenue Anne Frank avant d’être déportée puis assassinée à Auschwitz à l’âge de 28 ans, un train part tous les mardis pour Auschwitz ou Sobibor. Composé de baraquements, celui-ci était prévu pour 1000 places mais il entassera très vite 10 000 personnes dans des conditions terribles. 

Le lieu est insalubre. Très chaud en été il accumule la puanteur, les mouches par milliers et les insectes avec leurs cohortes de maladies. La bise glaciale de l’hiver le traverse tandis que son sol se transforme en une boue dans laquelle chaque pas d’homme s’enfonce. Le vent sévit toute l’année, provoquant de très nombreuses inflammations oculaires. Les conditions de ‘‘vie’’ sont indignes et dégradantes. Des baraques rarement chauffées sans guère de possibilité d’aération, des lits de trois étages avec deux occupants par matelas et une nourriture douteuse et insuffisante à base de pommes de terre. Des files d’attente parfois de plusieurs heures pour se rendre aux toilettes ou pour toute autre chose. Diarrhée et dysenterie sont fréquentes en raison d’une « distribution » en eau potable, le plus souvent défectueuse. Nul ne peut s’échapper de ce camp dont la plupart des détenus sont soumis au travail forcé dans divers ateliers.

Le cheminement d’Etty Hellisum au sein de la tourmente nous amène nécessairement à la question : « qu’aurais-je fait à sa place ? ». Olivier Risser, en orfèvre des mots et passeur d’histoire est ici amené à réfléchir à la question du mal puisqu’elle est aux prises avec le mal absolu. La présentation de cette grande figure spirituelle morte à Auschwitz a donc incité l’auteur à poser cette question qui parcourt l’ensemble de son ouvrage. Pour cela, il a convoqué la pensée de la philosophe Simone Weil qui elle aussi à sa manière a beaucoup agi face et contre le mal tout en fournissant des concepts philosophiques solides pour se confronter à cette question philosophique.

Le livre d’Olivier Risser veut montrer comment au côté d’Etty Hillesum, une Simone Weil peut venir en appui par l’action aussi bien que par la réflexion. Cet ouvrage ne peut ni ne souhaite prétendre apporter la réponse aux détours de savantes et multiples réflexions, mais il porte en lui un rêve simple : faire entendre dans le brouhaha des quotidiens la voix de ces deux femmes. Une voix qui envisage à sa façon, une réponse à la question du mal.

 




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