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lundi 26 oct 2020
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Vittel : Elie Semoun se livre avant son spectacle Il sera sur la scène du Palais des congrès, le vendredi 2 octobre à 20 h 30.

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Elie Semoun

Du rire on en a besoin, avec cette pandémie de coronavirus et toutes ses conséquences. Et s’il y a bien des secteurs d’activités qui ont subi les affres économiques de cette épidémie, la culture est en très bonne position. Nombreux sont les artistes qui ont besoin refouler les planches d’une scène, et de retrouver leur public. A commencer par Elie Semoun qui trépigne d’impatience de venir à Vittel. Il nous a livré ses impressions sur le confinement, son retour, son spectacle…

Alain Buffe

Vittel va être votre deuxième date de reprise de votre tournée, dans quel état d’esprit vous vous trouvez ?

«Oui c’est génial après 8 mois d’abstinence, excité et anxieux, parce que je me demande ce que ça va faire de jouer devant un public masqué. Je me demande s’il y aura du monde dans la salle, si les gens ne vont pas être effrayés. Et en même temps j’ai envie de leur dire qu’on va s’en sortir comme ça. Je vais prendre le train pour venir vous voir, et je vais passer deux heures avec des gens masqués. La culture ce n’est pas un luxe, c’est indispensable. Rire est indispensable ! Les gens ont autant envie de rire que moi de les faire rire.»

Avez-vous l’impression que la culture a été mise de côté et considéré plutôt comme du divertissement et pas forcément essentielle.

«Oui tout à fait. C’est ce que j’avais dit, j’étais très actif sur mon compte Instagram. Pendant le confinement, tout le monde a consommé de la culture. Mais on n’a pas eu de porte-parole, on n’a pas été soutenu. Je suis très heureux que ma collègue des grosses têtes (Roselyne Bachelot), soit devenue ministre de la culture. C’est une femme qui connait les artistes, qui les comprend et qui aiment la culture. On se sent soutenu. C’est complètement sinistré, c’est fou. J’ai plein de gens autour de moi qui n’ont pas joué depuis 8 à 9 mois. J’ai de la chance d’être connu et de remplir des salles, mais pour mes collègues qui débutent, c’est horrible. On ne mesure pas l’impact qu’a eu cette période sur les gens, sur les personnes âgées. Je pense à mon papa, qui malheureusement va peut-être en mourir. Il y a un contrecoup de tout ça, c’est terrible. En tant qu’artiste, on est dépendant du public, et quand on n’en a pas, on se sent perdu. Pour en revenir sur la représentation à Vittel, je suis très heureux de venir jouer. Parce que c’est vital…Vittel, c’est vital ! En voilà un bon slogan ! (rire)»

Comment se prépare-t-on à une reprise de tournée après plusieurs mois d’arrêt ?

«Je vais faire trois jours de répétition, ce qui sera suffisant, je l’espère. Je commence à relire mes textes pour me remettre dans le bain. Je fais des cauchemars où j’oublie mes textes, c’est horrible. Mais ça, c’est commun à tous les artistes, on est flippé. Je me remets au travail, et ça fait super plaisir, mais en même temps, le registre de l’humour est le plus difficile. On est seul devant des centaines de personnes, et c’est nous le chef d’orchestre de la soirée. C’est un peu compliqué. Mais je vais m’en sortir (rire).»

Par rapport à votre nouveau spectacle «Elie et ses monstres», qu’est ce qui le différencie des précédents ? Et qui sont ces monstres ?

«Je trouve que ce spectacle est beaucoup plus «saignant», beaucoup plus politiquement incorrect que tous les autres. A la limite ça me fait presque penser à ce qu’on faisait avec Dieudonné. Je vais très loin. Je parle du handicap, de mon père, de la mort de ma maman, je parle de l’homosexualité, de la maladie, de plein de sujets qui comme ça sur le papier ne sont pas drôles, mais qui font mourir de rire les gens. Parce que j’ose aborder des sujets qui sont originaux je pense par rapport aux autres spectacles. C’est un peu pour ça que je ne suis pas super fan du stand-up. Je suis très attaché aux personnages, parce que je trouve qu’ils sont justement attachants. On a un rapport un peu affectif avec eux. C’est pour ça que je tiens beaucoup à ce genre d’humour en fait.»

Dans la présentation de votre spectacle, il y a la notion de rire de tout. Quel est votre rapport à la censure ou à l’auto censure ?

«Non honnêtement ce n’est pas mon cas. Ceux qui râlent, ce qui font des procès, les associations qui se vexent à la place… Vous voyez ! On pourrait me faire un procès lorsque je parle des handicapés moteurs. On pourrait dire que je me moque. Mais les gens dans la salle sont écroulés de rire. Et ceux qui pourraient se vexer sont ceux qui ne le sont pas et qui ne comprennent pas que justement, on peut rire avec tout et avec tout le monde. Je n’ai pas absolument pas peur. Je parle de djihadisme. Demandez à Blanche Gardin si elle a peur. Et pourtant elle aborde des sujets horribles. Non ça ne me fait pas peur. Et surtout en ce moment, j’ai encore plus envie de les provoquer ces crétins. Si on me dit, «oulàlà» ça ne se fait pas, tu vas avoir un procès, ou il va se passer des choses, et bien ça me pousse encore plus à le faire.»

On vous a beaucoup vu pendant le confinement sur différents sujets. Pendant cette période, avez-vous pu réfléchir à des nouveaux projets artistiques, film, sketch, petites annonces, musique, marque de vêtement…?

«Alors côté musique, non je ne crois pas. J’ai fait trois albums, et je vais attendre pour le quatrième. La ligne de vêtement, je suis super content. Cela mérite qu’on en parle un peu. Ce sont des gars d’Arras (Nord de la France) qui m’ont proposé ça sur Instagram. Ils m’ont dit «on est fan de vous, on voudrait faire des tee-shirts avec les expressions de vos personnages : Merki, Bongour, La bagarre, Rodriguez…». J’ai trouvé ça super et je leur ai dis ok. Mais on va reverser une partie des bénéfices à une association qui œuvre pour la conservation des chimpanzés en Guinée. J’ai été là-bas et j’ai été admiratif du travail des bénévoles. En plus c’est de la super qualité réalisé avec du coton bio. C’est chic ! Je suis ravi de cette opération.

Quant aux petites annonces, pourquoi pas si une plateforme est intéressée, et refaire des petites annonces version 2020. Mais il faut qu’on me le demande. Toutefois j’avoue je n’ai pas été très créatif pendant le confinement, à part sur Instagram. Honnêtement quand on n’a pas de vision d’avenir, de perspective, c’est vachement dur de créer. On a tous été complètement bloqué. Je crois que Franck Gastambide a réussi à créer une série. Tous mes potes, Gad Elmaleh, Ary Abbitan, Manu Payet, Vincent Dedienne…, on a tous été dans cette situation. C’est vraiment une sale période.»

Ce spectacle se déroulera le vendredi 2 octobre à 20 h 30, au Palais des congrès de Vittel. Tarif unique de 35 euros (placement assis numéroté). Billetterie à la maison des associations ou sur le site de la ville : www.ville-vittel.fr).




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