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lundi 15 juil 2019
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Vittel : lancement du Grenelle des mobilités en Lorraine en présence de la Ministre, Elisabeth Borne Visite express de la ministre des transports, Elisabeth Borne qui a officialisé, au côté du président de la région Grand Est, Jean Rottner, ce Grenelle des mobilités.

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Quelle fierté pour la ville de Vittel et son maire Franck Perry, que d’avoir accueilli dans sa salle de l’Alhambra, la ministre des transports, Elisabeth Borne, le président de la région, Jean Rottner, et le président du Sillon Lorrain, Pierre Cuny, puis une pléiade d’élus régionaux et départementaux, parlementaires, sénateurs, maires… Après le mot de bienvenue du premier magistrat vittellois, c’est Jean Rottner qui prenait la parole pour expliquer les enjeux de ce Grenelle des mobilités, initié par la région Grand Est. «Je suis systématiquement interpellé depuis ma prise de fonction et le transport est un sujet récurent. J’ai pris la responsabilité de mettre tous les enjeux en débat pour une offre de transport collectif cohérent. Ce Grenelle est une usine à idées, un laboratoire…». Et à Pierre Cuny de compléter «C’est un projet fort de coopération.»

Autour de deux tables rondes, la première sur l’un des grands enjeux : connaître les flux et en identifier les causes. Puis la seconde sur : un Grenelle au service des usagers, plusieurs intervenants se sont succédés pour préciser, informer, partager, identifier, questionner… Tout y est passé, le transport ferroviaire et/ou fluvial, la remise en état de certaines lignes dont celle de Vittel-Nancy, l’ouverture à la concurrence, l’autoroute A31, le vélo…

L’honneur revenait à la ministre, Elisabeth Borne, de clore ce lancement de Grenelle des mobilités, et d’affirmer en substances. «A l’automne dernier, à l’occasion d’un trop bref déplacement à Metz, j’avais pris l’engagement auprès de l’association des usagers de la ligne ThionvilleLuxembourg de venir emprunter par moi-même cette liaison. Et le 3 avril, nous étions ensemble, cher Jean, dans le TER Luxembourg-Thionville qu’empruntent quotidiennement des milliers de frontaliers. Ce matin, nous étions réunis à Saint-DdesVosges avec David Valence, pour signer la convention de financement pour la réouverture de la ligne EpinalSaint-Dié.

Deux réalités, deux extrémités d’un territoire au cœur de l’Europe, mais une même exigence, celle de répondre aux besoins de nos concitoyens dans leur mobilité de tous les jours, des besoins d’une très grande diversité. Et une même méthode, l’écoute et l’engagement de tous, chacun dans ses responsabilités, pour apporter les solutions adaptées. Cette exigence, c’est le sens même de ce que je porte depuis deux ans à la tête de mon ministère, en faisant des transports du quotidien la priorité absolue de notre action.

Cette méthode, faite d’écoute et de mobilisation de l’ensemble des acteurs, c’est celle que j’ai souhaité pour conduire cette réorientation profonde, que ce soit lors de la réforme ferroviaire comme du projet de loi d’orientation des mobilités. Je ne compte plus le nombre de réunions de travail que nous avons eu ensemble Monsieur le Président, avec à chaque fois cette même envie d’avancer au service de nos concitoyens. Aussi, je suis très heureuse d’être à vos côtés ce main pour engager cette démarche ambitieuse.

Il y a quatre mois de cela, vous, Présidents de la Région et du Pôle métropolitain européen du Sillon lorrain, Cher Pierre Cuny, avez décidé de lancer ce Grenelle des mobilités, avec l’appui des maires et présidents des intercommunalités de Thionville, Metz, Nancy et Epinal que je salue.

L’idée est simple : associer largement toutes celles et tous ceux concernés par les enjeux de mobilités, pour réfléchir aux enjeux de mobilités et à la place du sillon lorrain dans la Région et l’espace européen. Elle fait écho à la démarche lancée en 2018 dans la région strasbourgeoise par l’eurométropole et la région. Je le disais, l’idée est simple, certes, mais elle est pour moi exemplaire. Elle implique d’abord de l’humilité, celle qui appelle à sortir de ses certitudes et pensées établies, pour repenser en profondeur les enjeux de mobilité à l’échelle du territoire. Elle veut dire aussi beaucoup de lucidité, celle qui nous rappelle qu’on a rarement raison tout seul et que c’est par le travail collectif qu’on apporte les bonnes réponses aux besoins d’un territoire.

Elle signifie enfin de l’audace, car s’engager dans une telle démarche est toujours la marque d’une volonté profonde de changer les choses. Si je peux me permettre un parallèle, c’est dans le même esprit que nous avions choisi au début du quinquennat d’entamer la transformation de nos politiques publiques : par trois mois d’assises nationales de la mobilité, afin d’associer le plus largement possible les acteurs et les territoires pour établir ensemble le bon diagnostic sur les besoins de nos concitoyens, et imaginer les réponses à construire.

Je suis particulièrement fière aujourd’hui que le projet de loi d’orientation des mobilités en soit le fruit, et ce n’est pas un hasard si ce texte a trouvé un écho très positif auprès des Français. La pertinence de votre démarche tient aussi au choix que vous avez fait de ne dépasser les frontières institutionnelles, et de porter la réflexion à l’échelle du bassin de mobilité, c’est-à-dire très concrètement là où se jouent les déplacements du quotidien. Cela vous permettra de construire une vision partagée à l’échelle du territoire lorrain et de ses frontières. Cela ouvre, j’en suis convaincue, de réelles perspectives de coopération entre l’Etat, la Région Grand Est, le Sillon Lorrain, les départements et toutes les intercommunalités, qu’elles soient d’ailleurs dedans ou dehors des bassins de mobilité concernés. Mais aussi nos partenaires luxembourgeois.

C’est pourquoi je vous le dis ce matin, l’Etat répondra présent à cette démarche, et j’aurai à cœur que nous soyons de vrais partenaires pour la faire réussir. Nous répondrons présents d’abord pour relever les grands défis en matière d’infrastructures, que compte le sillon lorrain. C’est indispensable pour que l’on apporte une réponse durable à la congestion routière et aux limites du système ferroviaire actuel. Le sillon nécessite une desserte routière à la hauteur des enjeux. Le Conseil d’Orientation des Infrastructures avait confirmé l’intérêt du projet A31bis dans son intégralité et avait recommandé sa poursuite. Je fais miennes ses recommandations.

Il avait en particulier souligné l’urgence de l’aménagement du secteur Nord et avait recommandé un engagement des travaux sur ce secteur sur la période 2023-2027, dans le cadre d’une mise en concession autoroutière. Le COI avait également retenu l’inscription dans les futures contractualisations d’un aménagement progressif entre Metz et Nancy, mais aussi la poursuite de la concertation et des études sur le secteur Sud.

Une concertation avec le public a été menée de novembre à mars dernier, sous l’égide d’un garant nommé par la Commission Nationale du débat Public. J’ai pu prendre connaissance du bilan de la concertation et vient d’adresser à Monsieur le préfet de la région Grand Est, la commande des études ultérieures en vue de l’enquête publique à lancer d’ici fin 2021. Si l’A31 a joué un rôle structurant ces 40 dernières années, la seconde force du sillon lorrain est sa ligne ferroviaire Nancy-Metz-Thionville-Luxembourg. C’est une des plus circulée de France, hors Île-de-France, aussi bien pour les trains TER que les trains de fret.

La Région s’est beaucoup engagée pour offrir un service TER de qualité. C’est un atout que le territoire doit saisir pour construire son développement autour de ses gares. L’État sera au rendez-vous à vos côtés pour que l’infrastructure soit à la hauteur du besoin. Nous investirons ainsi pour augmenter la capacité sur la section aujourd’hui saturée entre Metz et la frontière luxembourgeoise, et veiller au bon de bon dimensionnement actuel et d’anticiper les éventuelles évolutions futures qui s’avéreraient nécessaires.

Enfin, la troisième force du sillon lorrain est aussi sa voie fluviale à grand gabarit, qui offre un débouché sans égal vers les ports de la mer du Nord. Je veux saluer à ce titre la remise à plat de la gouvernance des ports publics de la Moselle que vous venez de mener. Elle constitue un nouvel élan pour dynamiser ce mode de transport et permettre un vrai report modal. Cela nous invite aussi à penser la bonne intégration du sillon lorrain dans les grands flux logistiques, qui sont une vraie opportunité pour nos territoires.

Permettez-moi de m’arrêter un instant sur les enjeux au Nord du sillon lorrain. Chacun le sait, l’extrémité nord de la ligne ferroviaire Nancy-Metz-Luxembourg approche aujourd’hui la limite de sa capacité aux heures de pointe. Et ce sont des mots qui ont beaucoup de sens pour tous ceux qui l’empruntent chaque jour.

Un travail a été mené avec le Grand Duché ces dernières années afin de construire une vraie vision multimodale pour offrir une desserte satisfaisante à un nombre de travailleurs en croissance permanente. Grâce à cette démarche, nous allons permettre d’ici 2030, de multiplier la capacité ferroviaire par 2,5 aux heures de pointe. Concrètement, cela veut dire que nous passerons de 8 000 à 22 000 places assises offertes dans chaque sens aux heures de pointe du matin, et autant le soir, tout en maintenant la possibilité à des trains de fret d’y circuler également.

Ce sont des investissements considérables que nous allons conduire, grâce au protocole d’accord signé en 2018 avec le Luxembourg, permettant le cofinancement à parité entre la France et le Luxembourg d’une première tranche de 240 millions d’euros d’investissements dans les prochaines années sur le sol français. Ce protocole sera prochainement examiné la semaine prochaine, le 8 juillet, à l’Assemblée Nationale en vue de sa ratification.

Mais il y a aussi le court terme. Et je tiens ici à partager le profond regret du refus récemment annoncé par le Grand Duché concernant la demande de dérogation pour permettre de continuer la circulation des rames TER actuelles au Luxembourg jusque mi-2020. Ce délai était pleinement justifié pour nous laisser le temps que l’ensemble des rames puissent être équipées du nouveau système de sécurité européen. Je partage l’amertume de tous à ce sujet, d’autant plus légitime au regard de l’effort important qui a été réalisé depuis 2016 pour financer et équiper au plus vite l’ensemble des rames TER. Mais je ne renonce pas à mobiliser toutes les voies pour convaincre encore l’autorité luxembourgeoise. Parallèlement et sans attendre, la SNCF sera mobilisée dans les prochaines semaines pour minimiser au mieux les impacts pour les usagers se rendant quotidiennement au Luxembourg.

Parler d’infrastructures, c’est aussi parler de notre réseau ferré qui irrigue nos territoires, ces fameuses petites lignes auxquelles nous sommes tous attachés. Le défi qu’elles posent est immense. Sur la Région Grand Est, de l’ordre de 800 millions d’euros seraient nécessaires dans la décennie à venir, pour remettre en état des portons dégradées depuis des décennies. Mais je n’ai pas de doute sur notre capacité collective à trouver les bonnes réponses et à inventer de nouvelles solutions. La convention que nous avons signée ce matin pour la réouverture de la ligne Epinal Saint-Dié en est un beau témoignage.

Grâce à la loi mobilités, les Régions pourront si elles en font la demande gérer elles-mêmes certaines lignes de desserte fine du territoire, pour être souvent plus efficaces. Le souhait de la région de pouvoir ainsi expérimenter des solutions innovantes sur la ligne Vittel-Nancy, dont la fermeture a suscité, je le sais, une vive émotion, pourra en être une concrétisation.

Enfin, la mobilité, ce ne sont pas que des infrastructures, aussi indispensables soient-elles comme nous venons de les évoquer. Les difficultés du quotidien, elles se vivent dès maintenant pour les habitants des territoires lorrains, qui ne peuvent attendre des échéances de travaux toujours trop longs. C’est pourquoi le défi de ce Grenelle des mobilités doit être aussi celui des réponses de court terme.

C’est aussi tout le sens du projet de loi mobilités que je viens de défendre devant le Parlement,  donner des outils plus simples, plus rapides, moins coûteux pour qu’émergent rapidement des solutions dans les territoires. C’est aussi tout l’enjeu d’une mobilité plus propre, qui répond au besoin de se déplacer en respectant la planète. Une mobilité plus économe en énergie qui est aussi moins coûteuse pour le budget de chacun. A ce titre, les réflexions et décisions que vous allez engager avec ce Grenelle sont l’occasion pour moi de formuler un vœu, une ambition, que la région Grand Est et le sillon lorrain peuvent devenir le laboratoire grandeur nature des outils de la loi mobilités, le territoire le plus exemplaire pour les mobilités de demain.

Je pense au covoiturage, qui permet d’améliorer rapidement et efficacement les déplacements du quotidien. La loi mobilités va vous apporter de nouveaux outils pour pouvoir le développer, par exemple avec la possibilité de créer des voies réservées au covoiturage sur certains axes routiers. Faisons du sillon lorrain une terre pionnière pour le covoiturage ! Elle en a tous les atouts.

Je pense aussi au vélo, qui représente un potentiel considérable encore aujourd’hui peu exploité. Des mesures incitatives concrètes sont mises en place, comme le forfait mobilité. L’État accompagne également les projets des collectivités, avec plusieurs centaines de millions de financements.

Je pourrais aussi vous citer les navettes autonomes, dont je suis convaincue qu’elles seront une réponse pertinente pour créer des offres de transport là où il n’y en a pas aujourd’hui. Le sillon lorrain a la chance d’accueillir une expérimentation transfrontalière. Elle contribuera activement à faire entrer le véhicule autonome dans le quotidien de chacun. Là aussi, ce doit être une chance et une fierté pour le sillon lorrain.

Construire les mobilités de demain nécessite un engagement de tous. L’État est pleinement mobilisé aux côtés de la région et de l’ensemble des collectivités porteuses de projets. Ce ne sont pas que des mots, ce sont déjà de vraies concrétisations :

Je pense à l’appel à projet France Mobilités lancé en 2018 et renouvelé en 2019, cinq sont des initiatives de collectivités du Grand Est, dont le projet d’animation et de nouveaux services autour du vélo porté par la CC de Saint-DdesVosges.

Je pense également à l’appel à projet « Vélo et territoires » lancé en septembre 2018 qui a permis de soutenir 22 projets en Grand Est, dont un tout proche sur l’agglomération d’Epinal.

Ces appels à projets, je les ai souhaités comme des outils de préfiguration de la loi d’orientation des mobilités. Ils sont aussi le signe que des solutions existent, et que nous devons collectivement refuser ce pessimisme, ce défaitisme qui voudrait que notre pays n’ait pas d’autre avenir que le tout voiture. Ce territoire a tout pour réussir et ce Grenelle va en être la démonstration collective, et vous pourrez compter sur l’Etat en ce sens. C’est dans notre capacité à dialoguer, à travailler ensemble, que nous relevons les défis qui semblent parfois impossibles. C’est dans cet esprit que nous avons toujours su avancer ensemble. C’est aussi, je le sais, l’esprit de ce Grenelle

Autant dire que l’assistance a été sensible aux engagements de la ministre d’être au côté de la région du Grand Est. On peut dire que ce Grenelle des mobilités en Lorraine est sur des…bons rails !

Alain Buffe




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