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samedi 24 août 2019
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Vittel : Et pourquoi pas du cannabis aromatisé ?

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Le jardinier Roland Motte.

Le jardinier Roland Motte.

Alors que la légalisation du cannabis fait débat, des recherches sont effectuées pour tenter d’aromatisé cette plante. Est-ce possible ? Pour le savoir nous avons interrogé le créateur des Jardins de la Terre, qui avait justement planté du chanvre textile, le jardinier vedette Roland Motte, également intervenant pour l’association Plaine des jardins, que préside Eric Perussault.

«Ne pas confondre Cannabis «Sativa» et Cannabis «Indica» qui sont de la famille des Cannabinacées. Le premier c’est le chanvre cultivé, le second le chanvre dit «récréatif». Tous les deux sont des plantes annuelles (qu’on doit semer chaque année), pouvant pousser jusqu’à trois mètres de haut. Les deux contiennent du THC (tétrahydrocannabinol) Le chanvre cultivé en infime quantité, – de 0,5 %, pour le cannabis recrutement natif, voir ci-dessous :

La concentration en THC du cannabis est variable. Les taux retrouvés à l’état naturel oscillent entre 0,5 et 5 %.

Au cours des vingt dernières années, des techniques sophistiquées de culture (hydroponique) ont permis d’augmenter considérablement ces taux. Le rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM, 2001) précise que des échantillons plus concentrés ont été collectés (jusqu’à 31% pour la résine et 22% pour l’herbe). Dans les années 1960-70, un «joint moyen» contenait 10 mg de THC, actuellement il peut en contenir jusqu’à 150 (Ashton, 2001). Une étude suisse indique que le taux moyen serait de 15 (Killias et al., 2004).

Nous rappelons que plus la concentration en THC est élevée plus les effets psycho-actifs sont importants», expliquait techniquement Roland Motte.

Cannabis

Le chanvre cultivé

En cuisine, les graines et l’huile de chanvre révèlent leurs bienfaits nutritionnels : le chènevis est riche en fibres, vitamines, protéines (8 acides aminés essentiels), et l’huile a une forte teneur en acides gras polyinsaturés (oméga 3 et 6) et peu d’acides gras saturés, ce qui est bon pour éviter les accidents cardiovasculaires et limiter le niveau de cholestérol. Les brasseries artisanales ont d’ailleurs développé des bières de chanvre, à la place du houblon.

Question beauté, l’huile de chanvre a des propriétés émollientes, elle est très efficace contre toutes sortes d’inflammation et pour améliorer les peaux sèches ou irritées, pour traiter l’eczéma et hydrater la peau, notamment les épidermes matures.

Le chanvre thérapeutique

Les chercheurs ont observé des actions pharmacologiques spécifiques à certains cannabinoïdes et d’autres communes à l’ensemble des cannabinoïdes, à des degrés divers. C’est le cas par exemple de leur pouvoir antioxydant et neuro-protecteur qui suscite des attentes légitimes dans le cadre des maladies neuro-dégénératives, au vu des premiers résultats expérimentaux, comme dans la maladie d’Alzheimer par exemple (inhibition de l’acétylcholine estérase par le THC et régression des plaques béta-amyloïdes in vitro) ou dans la maladie de Parkinson. C’est également le cas de leur pouvoir antibiotique (CBD bactéricide sur des souches S.A.M.R.), antifongique, analgésique ou anti-inflammatoire.

Mais bien sûr, l’utilisation du chanvre reste tabou. Pour pouvoir cultiver et consommer du chanvre à des fins thérapeutiques, les jardiniers recherchent des solutions pour limiter les arrachages sauvages des cultures par des personnes mal intentionnées et à la recherche de «sensations»…

Par ailleurs, pour faciliter l’ingestion du cannabis, l’idée est de le greffer ou de le «mélanger» artificiellement à une autre plante pour faciliter sa consommation thérapeutique.

Les premiers essais ont eu lieu en croisant du pâtisson (une forme de courge) avec des plants de cannabis. Rappelons que les pâtissons sont riche en potassium, en vitamine C et B9 et sont complémentaires aux avantages thérapeutiques du cannabis.

Mais les plus gros efforts se portent sur les pêchers. En effet, la pêche, de par sa constitution, est une véritable éponge qui peut facilement absorber les matières actives contenues dans le cannabis.

La recherche avance et les plants de cannabis greffés avec des pieds de pâtissons porteraient le nom de «Canna’ssons», mais il reste encore à le déposer, la réglementation étant très à cheval sur le respect des associations.

Pour la greffe avec un pêcher, c’est la «Canna’pêche» qui a été retenue. Espérons que ce projet ne tombe pas à l’eau…

Alain Buffe




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