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samedi 20 avr 2019
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Réaction du préfet des Vosges, suite à l’annulation de la cérémonie des vœux du député Gérard Cherpion Communiqué

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Photographie Gérard Cherpion

Photographie Gérard Cherpion

Un préfet n’a pas vocation à polémiquer, mais lorsqu’il est gravement mis en cause, et à travers lui les services qu’il dirige, il doit rétablir la réalité des faits.

Le député Gérard Cherpion a décidé d’annuler sa cérémonie de vœux en raison d’un risque supposé de manifestation de «gilets jaunes». Cette décision lui appartient. La justifier au regard d’une prétendue «incapacité du préfet à faire assurer l’ordre et la sécurité» constitue une mise en cause inacceptable et infondée de l’action des services de l’État.

Pour ce qui concerne sa cérémonie des vœux, j’ai personnellement indiqué la semaine dernière à M. Cherpion, confirmant ce que lui avait déjà dit le secrétaire général de la préfecture, que cette manifestation serait prise en compte et sécurisée à la lumière des renseignements dont nous disposerions début janvier, et qu’il était très difficile à ce stade, devant un mouvement aussi peu organisé et très peu prévisible, d’en dire davantage. Chacun peut comprendre cette position pragmatique.

S’agissant de l’acte de vandalisme dont a été victime le commerce du premier adjoint au maire de Saint-Dié, il faut préciser qu’il s’est déroulé très vite alors que la police , bien présente, comme sur toute manifestation, se trouvait en tête et en fin de cortège pour garantir la sécurité du déplacement. J’ai personnellement immédiatement appelé au téléphone le premier adjoint de Saint-Dié pour lui faire part de ma sympathie et le remercier de son implication dans la gestion des différentes manifestations depuis le début du mouvement.

Je condamne évidemment très fermement les actes qui ont été commis, pour lesquels des investigations judiciaires sont en cours.

Plus globalement, je souhaite rappeler l’engagement permanent des forces de sécurité dans les Vosges depuis la mi-novembre pour précisément maintenir l’ordre et garantir la sécurité de tous. Leur présence toujours soutenue a permis de réduire les risques pour les personnes et les biens de manifestations qui s’expriment principalement sur la voie publique et les axes routiers, et donc dangereuses, comme en atteste le lourd bilan (10 morts) de ce mouvement au plan national.

Monsieur le procureur de la République et moi-même avons constamment donné pour instructions aux forces de police et de gendarmerie placées sous notre autorité de relever toutes les infractions constatées dans le but de pouvoir engager les procédures judiciaires correspondantes, sous l’autorité du procureur de la République, avec lequel je travaille très étroitement.

Le maintien de l’ordre est un exercice délicat, qui suppose beaucoup de sang-froid et de discernement ; il se déroule dans un cadre légal, et s’accommode mal d’approches simplistes, voire radicales. Il vise avant tout à éviter des blessés ou des morts parmi les manifestants ou les forces de l’ordre.

Certes, personne ne saurait nier que des sites soient perturbés, et provoquent des gênes considérables aux usagers de la route comme aux entreprises et aux commerces ; mais toujours, les forces de l’ordre interviennent pour fluidifier, sécuriser, faire cesser les troubles les plus importants (comme les barrages bloquants) et relever des infractions qui sont ensuite transmises au parquet : les auteurs des infractions les plus graves ont été placés en garde à vue et déférés devant le procureur de la République et de nombreuses procédures sont en cours actuellement.

J’ajoute que depuis plusieurs semaines, à ma demande, ce sont près d’une quinzaine d’installations qui ont été démontées.

C’est cela, maintenir l’ordre et garantir la sécurité: c’est une mission difficile dont la police et la gendarmerie s’acquittent avec un grand professionnalisme dans ce département comme partout en France.

Aujourd’hui, les services de l’État comme les forces de l’ordre, soumis à rude épreuve depuis plusieurs semaines, ont davantage besoin d’être soutenus que mis en cause.

Et c’est de sérénité et de perspectives pour aborder 2019 dont ont besoin nos concitoyens, que j’invite à participer, aux côtés des élus locaux, au débat engagé par le Président de la République.

Pierre Ory
Préfet des Vosges




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