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jeudi 22 août 2019
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La cure en rhumatologie ce n’est pas une sinécure J’ai testé pour vous…, la cure durant trois semaines.

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Dans le cadre d’une demande agrément pour la rhumatologie, une étude sur 150 patients test a été lancée en partenariat avec le laboratoire TIMC-IMAG du CHU de Grenoble. Ce projet de rhumatologie avait été émis par Luc Gerecke, lors de sa campagne municipale en 2014, et si celui-ci a mis plusieurs années pour aboutir, c’est désormais en bonne voie puisqu’une étude a été lancée en partenariat avec le centre hospitalier universitaire de Grenoble. Même si le fond de commerce et l’exploitation de l’établissement a été vendu par la mairie depuis cet été (mai 2018), à la holding FC2L composée de Laurent Lémond, entrepreneur local (Houécourt), et de François Chalumeau, l’actuel directeur en poste depuis 2011. Tous les deux étaient déjà sociétaires privés de la SEM des Thermes à hauteur de 5 %, et ont décidé de poursuivre seuls dans cette voie.

Cette étude portait sur 150 patients testeurs. Mais le calendrier s’est vu bouleversé, car le CHU de Brabois qui était aussi associé au projet et devait être en charge des visites d’évaluation à l’inclusion, s’est montré «soudainement» moins entreprenant, traînant à répondre, et obligeant le directeur François Chalumeau à prendre des nouvelles dispositions urgentes. «Il a fallu solliciter des médecins locaux qui ont bien voulu joueur le jeu et nous dépanner en libérant des créneaux dans leur planning déjà bien chargé. Ainsi deux médecins vittellois se sont chargés des visites d’inclusion, et trois de leurs confrères contrexévillois ont assuré les suivis thermaux. Je les en remercie vivement», expliquait François Chalumeau. Malgré ce contretemps, quelque cent quarante curistes ont été retenus pour l’étude. «Le seuil minimum était de cent-vingt, mais dans l’idéal, il nous en fallait cent cinquante, un nombre que l’on devrait atteindre d’ici la fin de l’étude», précisait le directeur.

A l’origine la ville avait financé une étude pour savoir si l’agrément en rhumatologie avait un potentiel. Le futur projet parie sur l’agrément rhumatologie qui devrait permettre de gagner 1 000 curistes annuels, sur des cures longues de trois semaines. «C’est le seul créneau de soins qui évolue régulièrement dans les établissements thermaux. Il est en progression de 5% chaque année», constatait à l’époque, Luc Gerecke.

«Nous sommes sur une zone naturelle préservée et la station plait beaucoup», défend François Chalumeau. «Contrexéville a un vrai potentiel, mais il faut investir. Le bassin de l’établissement est attractif et certaines installations sont fonctionnelles mais elles ont besoin d’être remis au goût du jour. De plus, de n’avoir plus qu’une seule spécialité minceur était beaucoup trop limitative. Donc obtenir l’agrément de rhumatologie permettrait d’accroître notre activité et relancer la station. Et puis le parc d’hébergement est vieillissant. C’est notre second projet, si nous obtenons l’agrément, de construire une résidence d’hébergement connectée aux thermes. C’est-à-dire que les clients pourront passer directement de leur chambre aux soins, en traversant par une galerie.»

Dans un premier temps, l’établissement contrexévillois a entrepris la rénovation et le réaménagement de son espace bien-être (sauna-hammam) et la terrasse. Des travaux qui devraient se terminer d’ici le mois de mars 2019. «Sauf s’il y a des intempéries qui nous ralentissent», précisait le directeur.

J’ai testé la cure

Pour bien parler d’une cure, le mieux c’est de la tester, aussi me suis-je inscrit sur la liste des candidats testeurs, d’autant qu’avec mes problèmes aux  genoux et mes lombalgie à répétition, j’étais l’un des «patients» idéaux. Après divers échanges avec le laboratoire TIMC-IMAG du CHU de Grenoble, ma première visite dévaluation à l’inclusion avec un médecin vittellois, puis une visite avec un médecin contrexévillois pour le thermalisme, qui m’a prescrit une liste de soins à effectuer. Me voici prêt à entamer une cure de trois semaines, d’autant que c’est une grande première pour moi.

Rendez-vous pris avec l’accueil des Thermes, les personnels m’établissent mon planning pour toute la durée de ma cure. Au programme, divers exercices durant vingt minutes, en piscine de mobilisation avec un kinésithérapeute, en alternance un jour sur deux, avec un massage sous eau sur les parties du corps à traiter. Puis tous les jours, un bain-douche en immersion, suivi d’une séance de cataplasmes chauds à l’argile blanc, et pour finir une douche au jet.

Si les premiers jours sont plutôt agréables, la fatigue se fait rapidement sentir et j’étais loin d’imaginer qu’une cure était aussi éprouvante physiquement. Il convient aussi de saluer les hydrothérapeutes pour leur professionnalisme, leur gentillesse, leur patience…, car certains curistes sont loin d’être «commodes» et enclin à certaines exigences horaires. Ce qui n’était pas mon cas, bien entendu !

Après avoir fait connaissance avec quelques «collègues» de cure, à l’instar de Nicole Pierog (Bulgnéville), curiste fidèle à Vittel mais qui a décidé de tester les soins à Contrexéville, le mot commun qui revenait, était «fatigue». Me voici rassuré de ne pas être le seul à me plaindre, et j’avoue qu’il me tardait de terminer cette cure, d’autant que l’on ne ressent pas immédiatement les bienfaits de celle-ci. Mais force est de constater qu’un mois après avoir terminé, je mesurais enfin le bénéfice de mes trois semaines à «endurer» mes soins. Mes douleurs semblaient s’être estompées et je me sentais plus dynamique que jamais. Pas de doute, l’agrément serait assurément un atout pour la station et l’établissement thermal. «Sans parler de l’aspect économique direct et indirect pour le commerce local, entre l’hébergement, la restauration, les loisirs… Après les visites de contrôle du 3e et du 6e mois pour l’étude des curistes, il faudra compter entre 18 mois et trois ans pour obtenir l’autorisation d’effectuer des cures de rhumatologie. Dans le meilleur des cas en 2021», précisait François Chalumeau. Et puis, se sera aussi l’occasion d’entreprendre des travaux d’amélioration pour l’espace cure et de créer des emplois supplémentaires.

Alain Buffe




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