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samedi 20 avr 2019
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Contrexéville : «Écoutons nous, respectons nous», tel est le vœu du maire Luc Gerecke Une cérémonie avec quelque trois cent personnes présentes, et l'espérance à des jours meilleurs.

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Le maire Luc Gerecke commençait ses vœux à la population, par remercier le sous-préfet Benoit Rochas, de sa présence, puis celle du député Jean-Jacques Gaultier, ainsi que les conseiller régionaux Anne-Marie Adam, Franck Perry et Yves Séjourné, respectivement maire de Vittel et de Mirecourt, la conseillère départementale, Claudie Pruvost, le président de la communauté de communes Terre d’Eau, Christian Prévot. Ainsi que l’ensemble des maires présents, de même que les élus municipaux et communautaires, les représentants des autorités civiles et militaires, et plus généralement l’assemblée qui a daigné assister à cette traditionnelle cérémonie de vœux, la cinquième du genre. «J’ai en ce jour, une pensée particulière pour tous ceux qui nous ont quittés durant l’année écoulée et pour ceux d’entre nous qui luttent contre la maladie. C’est toujours avec le même plaisir que je vous retrouve ici», lançait-il en préambule.

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«J’espère que vous êtes bien assis car je vais prendre un peu de temps, mais soyez rassurés car je ne battrai pas le record de mon collègue et néanmoins ami vittellois qui était de 54 minutes», ajoutait Luc Gerecke avec humour, et d’enchaîner. «Je le dis tous les ans, quelles que soient nos opinions, notre position sociale, nos croyances, il s’agit d’un temps fort de la collectivité qui permet de nous retrouver. Et cela est nécessaire dans une société sans cesse en mouvement, en accélération permanente, face à des enjeux politiques, sociétaux et économiques majeurs. C’est un moment unique de rencontres, de partages et, je l’espère, un moment de fraternité. Aussi à l’aube de cette nouvelle année, permettez-moi de vous adresser, ainsi qu’à vos proches, mes vœux de santé, de bonheur, et d’accomplissement personnel et professionnel.»

Après avoir dressé une vue d’ensemble nationale et internationale de l’année 2018 : désordres climatiques, sécheresses, incendies, inondations majeures, fortes chaleurs, froid polaire, tempêtes, cyclones, tsunamis…, puis  et menace terroriste avec des attentats meurtriers, fanatisme, manipulations et l’obscurantisme qui sont désormais le quotidien de tous les pays, l’édile émettait le souhait «Écoutons-nous, respectons-nous.»

De plus en cette fin d’année, impossible de ne pas évoquer l’émergence du mouvement des gilets jaunes, et certaines de leurs revendications :

– la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales. «J’ai, comme un certain nombre de mes collègues et lors d’une séance publique au Conseil Départemental, interpellé monsieur le Préfet à ce sujet, en lui précisant que les élus départementaux étaient en mesure de déterminer quelles étaient les vitesses les plus appropriées selon les tronçons. Tout comme l’ont fait Jean-Jacques Gaultier à l’Assemblée Nationale et les élus ici présents dans leurs collectivités respectives.»

– l’augmentation des prix du carburant qui pénalise tout particulièrement les habitants des zones rurales qui ne peuvent pas se passer de leur voiture, pour leur vie professionnelle, faire les courses, pourvoir à l’éducation de leurs enfants et toutes les tâches de la vie quotidienne.

– la hausse de la CSG subie par les retraités, en particulier les retraités des zones rurales dont les revenus sont souvent modestes. «Depuis de nombreuses années le monde rural est ignoré, déconsidéré, malmené. Et j’interpelle notre gouvernement, et je sais monsieur le sous-préfet que vous ferez passer le message.»

Puis le premier magistrat rappelait le déploiement du réseau FTTH, (Fiber to The home) ou fibre à l’abonné, qui a pris sa vitesse de croisière. Le but étant de proposer à chaque habitant l’accès au très haut débit par la fibre d’ici 2023. Ensuite le soutien de la région dans l’épineux dossier de la ligne 14, Contrexéville-Vittel-Nancy, une liaison qui est vitale pour tout le territoire et en particuliers pour les deux villes thermales et leurs opérateurs touristiques. Saluant au passage la mobilisation des élus de la Région, du député, et des élus…, dont l’action a porté ses premiers fruits avec la mise en place d’autocars directs Vittel-Contrexéville-Nancy avec sept allers-retours quotidiens 7 jours sur 7, et le retour, au printemps, du train des eaux reliant directement Paris-Contrexéville et Vittel par le sud et sans rupture de charge.

En tant que vice-président du département, Luc Gerecke faisait un «crochet» par les finances départemental dont le budget a été voté à l’unanimité. Il s’élève à 455 millions d’euros, en augmentation de plus de 9 millions, avec près de 86 millions fléchés en investissements, qui placent les Vosges sur le podium des départements les plus performants au sein de la région Grand Est, devant la Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meurthe et Moselle.

Les finances de la Ville

L’occasion pour Luc Gerecke de commencer par le volet financier et pour débuter, il reprenait une leçon que le président François Vannson a reçue de sa grand-mère et qui illustre tout le bon sens dont les populations rurales, souvent moquées, sont capables. «Dans nos campagnes nous connaissons la valeur des choses, et lorsque nous épluchons une pomme de terre nous faisons très attention à ne pas faire de trop grosses épluchures, parce que ce serait gâcher, mais pas trop fines quand même car il faut en laisser pour nourrir les lapins», citait-il.

Il y a neuf ans, la ville de Contrexéville percevait un peu plus de 910 000 euros de dotation globale de fonctionnement de l’état. En 2018, c’est 116 000 euros qui ont été encaissés, et pour 2019, c’est environ 60 000 euros que devrait percevoir la municipalité. «Et pour 2020, devinez ? Ce sera zéro ! Donc moins 860 000 euros cette année», précisait avec pessimisme, le maire.

Concernant le FPIC (fonds national de péréquation des ressources communales et intercommunales), aussi appelée péréquation horizontale, il s’agit pour les communes dites «riches», de redonner une partie de leurs ressources aux collectivités moins bien dotées. «Je ne conteste pas cette mesure de solidarité mais elle représente tout de même 446 000 euros pour 2018. Si l’on fait le total depuis 2012, la ville de Contrexéville a décaissé 2 452 000 euros. En cumulé, et si l’on rajoute l’année 2019 pour 460 000 euros, cela représente près de 3 millions d’euros de moins pour nos investissements. Nous arrivons à la dotation de compensation de la taxe professionnelle supprimée en 2010. La collectivité qui encaissait 281 902 euros chaque année, devait voir cette variable diminuer, et pour une fois l’Etat a revu sa copie et nous encaissons la même somme. J’en viens au fond de garantie des ressources, qui est de 535 555 euros, soit en très légère baisse. Pour les recettes fiscales (taxes habitation, foncier bâti et non bâti), nous avons encaissé 3 131 500 euros», détaillait l’édile, complétait ces chiffres avec la surtaxe sur les eaux minérales qui connait une chute sévère, après une excellente année 2017 à 2 106 000 euros et qui dégringole à 1 861 000 euros. «Il s’agit de la plus mauvaise année depuis dix ans. Et je m’interroge ? Est-ce une première conséquence de la polémique alimentée autour de la nappe des grès du trias inférieur que d’aucuns s’ingénient à alimenter. Je pose la question ?»

Concernant les recettes du casino et, malgré la baisse du taux de prélèvement, elles sont conformes aux prévisions 2018, c’est à dire de 306 000 euros. L’occasion pour Luc Gerecke de saluer l’arrivée de Sandra Fischer, à la direction de l’établissement, et qui a immédiatement compris que les destins du casino et du territoire étaient liés.

Le taux d’endettement de la ville se situe à 8,30 %, qui est un bon ratio. Cependant, ce taux qui était de 9,09 % en 2017, diminue de façon arithmétique avec une forte baisse des recettes et des remboursements d’annuités d’emprunt qui diminuent. Tout cela réuni, aboutit à un coefficient d’autofinancement courant de la ville, qui continue de se dégrader et le constat d’une épargne nette négative. Cela démontre à quel point la commune se trouve en difficulté financière, quand bien même la collectivité se trouve en phase de désendettement et a réalisé toutes les économies possibles.

Les réalisations 2018

Suite aux longues et difficiles négociations avec le groupe Partouche, la ville est désormais propriétaire du bâtiment abritant l’office du tourisme et la maison de la presse, puis la partie enherbée devant la galerie thermale et du parc jusqu’à la chapelle Orthodoxe. Le premier effet, est la réfection du kiosque du parc thermal.

Ensuite la fin du chantier de la piste cyclable reliant les Thermes aux lacs de la folie, les travaux de voirie rue Thouvenel, la poursuite des travaux de la contre allée devant l’ancien bâtiment «Monsieur Meuble», où il reste à poser les potelets pour sécuriser les piétons. Puis l’aménagement de l’espace «Mosaic» à la résidence Vincenot, qui permet d’accueillir tous les intervenants du champ social. S’en suivent les travaux de réseaux au camping, puis ceux à l’école maternelle qui concernaient trois salles de classes avec isolation des plafonds, changement des baies vitrées et de l’éclairage, les peintures avec pour résultat un confort thermique et acoustique. Egalement la poursuite de la réhabilitation de l’éclairage public, une nouvelle tranche de restauration des colonnes de la galerie thermale, la rénovation extérieure et intérieure du club-house des lacs avec l’installation d’un vestiaire pour personnes à mobilité réduite, la rénovation du système sécurité des Thermes, la réfection du chemin de ceinture du lac supérieur, la reprise du mur du cimetière, la pose de visiophone dans les deux écoles afin de renforcer la sécurité, le changement par leds de l’éclairage du giratoire des verseuses, ainsi que l’achat d’un nouveau véhicule électrique destiné au service propreté. Sans oublier le maintien des trois fleurs, dans le cadre du classement villes et villages fleuris, rendu possible grâce aux agents des services techniques. Et le réaménagement de la bibliothèque, qui permet d’accueillir les abonnés dans de bonnes conditions.

Le lancement des travaux aux Thermes, avec la rénovation totale de l’espace hammam/sauna, la restructuration de la terrasse avec l’installation de jacuzzis, va permettre de redorer l’image négative et vieillissante de l’établissement qui pénalisait la commercialisation. C’est un chantier à 540 000 euros, financé à hauteur de 40 % par des subventions de la Région du Départemental. «Je rappelle que la SEM (société d’économie mixte) des Thermes présentait depuis sa création, un déficit annuel entre 100 000 et 250 000 euros, ce qui impliquait pour la ville, une recapitalisation à hauteur de 85 % de ces sommes. Et il fallait de plus trouver des capitaux privés à hauteur de 15 %. C’était devenu mission impossible, et sans cette cession, il fallait, à brève échéance, envisager un dépôt de bilan lourd de conséquences», informait Luc Gerecke. Actuellement la station reçoit 450 curistes médicaux, 2 500 clients en forfaits minceur, bien-être, remise en forme et autres, puis également 15 000 clients qui profitent des installations et des activités liées au bassin thermo-ludique.

Parmi les autres chantiers, l’installation d’entreprises sur la zone d’activités de l’ancienne BA 902. Il s’agit des deux dossiers initiés et annoncés par la ville : celui d’Arches Métropole pour les commerces, et VOGEP piloté par Philippe Virtel, le président de la société MGE à Chavelot. C’est désormais la com-com Terre d’Eau qui poursuit l’aménagement de la zone dans le cadre de la loi NOTRe, et le transfert des zones d’activités.

Les projets 2019

La fin des travaux à l’établissement thermal et la livraison des installations. Selon les arbitrages budgétaires, la suite de la restauration des colonnes de la galerie thermale, de l’éclairage public, d’aménagement de voiries et chemins, le remplacement des portes d’entrée de l’espace Chédid, des travaux d’accessibilité pour les cellules de la galerie thermale, de l’office du tourisme et de l’espace Stanislas.

En investissement, la poursuite du renouvellement des véhicules de la ville qui sont victimes de leur vétusté, plus l’achat d’un camion. L’obligation de faire procéder à un audit de sécurité pour le bâtiment Chédid.

Toujours dans le domaine sécuritaire et après un premier diagnostic des arbres dans la ville, (un audit est en cours), beaucoup d’entres eux sont arrivés à maturité et présentent des risques. Il est probable qu’une campagne d’abattage soit lancée pour éliminer les plus dangereux, avec un plan de renouvellement pluriannuel qui sera mis en œuvre.

Contrexéville (comme Vittel), doit s’adapter aux attentes des visiteurs, et imaginer la cité de demain, à l’horizon des trois, cinq et dix ans. Pour ce faire, les deux stations ont répondu conjointement, avec le soutien de Terre d’Eau, à un appel à projet de l’Etat et du Départemental, dans le cadre de la requalification des bourgs-centres. L’établissement public foncier de Lorraine va mener pendant plusieurs mois, une enquête exhaustive pour :

– enrayer la déqualification des centres bourgs sur l’ensemble de leurs foncions: habitat, population, commerces et services, activités économiques, déplacements, espaces publics

– donner l’envie d’investir les centres en évitant l’étalement urbain

– définir un projet global, raisonnable, hiérarchisé et phasé dans le temps

Ces opérations seront soutenues financièrement par l’Etat, la Région et le Département.

Il y a un an, le maire avait annoncé le début d’une opération menée par Vosgelis, avec la construction d’une résidence seniors, à proximité de l’église. Le dossier administratif est bouclé depuis plusieurs mois, malheureusement il a pris du retard pour une contrainte d’engager des fouilles archéologiques sur le périmètre.

Contrexéville est une ville reconnue pour son dynamisme économique et qui attire. C’est une ville qui a du potentiel au sein d’un territoire encore sous exploité mais qui possède de nombreux atouts, dont ses habitants qui portent et défendent la belle image de la station.

Les personnes présentes étaient conviées à la dégustation de délicieux petits mets préparés par les élèves du lycée professionnel.

Alain Buffe




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