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samedi 17 nov 2018
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Le ministre Didier Guillaume à l’écoute des agriculteurs vosgiens Visite express du ministre de l’agriculture et de l’alimentation dans les Vosges, à Moncel-sur-Vair, dans l’exploitation bio de Thierry Mourot.

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Moncel-sur-Vair est une commune de l’Ouest vosgien d’un peu plus de 200 habitants et dont le maire est Jean-Philippe Hofer. Et le village ne s’attendait pas à recevoir une visite ministérielle, en l’occurrence de l’agriculture. «C’est la toute première fois que nous accueillons un ministre, et nous en sommes fiers», indiquait le premier magistrat. Et pour recevoir Didier Guillaume, nommé le 16 octobre à ce ministère, outre l’édile de la commune, un cortège d’élus avec en tête le préfet des Vosges, Pierre Ory, puis le député de la 4e circonscription, Jean-Jacques Gaultier, les sénateurs Daniel Gremillet et Jackie Pierre, qui le connaissent fort bien, le président du département, François Vannson, les conseillers départementaux, Simon Leclerc (maire de Neufchâteau) et Dominique Humbert, la conseillère régionale, Anne-Marie Adam, le président la chambre d’agriculture des Vosges et conseiller départemental, Jérôme Mathieu, ainsi que les responsables de la FDSEA88 et des Jeunes Agriculteurs…

Thierry Mourot, agriculteur bio dans la commune de Moncel-sur-Vair.

Thierry Mourot, agriculteur bio dans la commune de Moncel-sur-Vair.

Pourquoi cette municipalité ? Probablement pour sa proximité avec la Meuse, puisque le ministre y était avant sa venue dans le département, et que la situation catastrophique due à la sécheresse, est des plus préoccupantes pour les agriculteurs vosgiens. Et c’est l’exploitation bio de Thierry Mourot, qui a été choisie pour exposer les problématiques que rencontre sa profession dans les Vosges. C’est en 1997 que s’installe l’exploitant, et en 2001 qu’il passe en agriculture biologique. Une exploitation d’une surface de 114 hectares, dont 84 ha de prairies permanentes, 18 ha de prairies temporaires et 12 ha de céréales pour la consommation de son troupeau qui compte 130 bêtes, et produit 259 601 litres de lait bio (en 2017).

Après un tour du propriétaire où Thierry Mourot pouvait exposer les conséquences de la sécheresse et ses difficultés à venir, et celles de ses collègues vosgiens, à savoir le manque de fourrage et de stock pour l’hiver, le manque de végétation pour 2019, et l’impact sur la production laitière, puis le déficit sur les trésoreries, Jérôme Mathieu entrait dans le vif du sujet avec des exemples concrets, et interpellait le ministre Didier Guillaume avec des chiffres, tels que 12 millions (7 + 5) de perte sur la production laitière, 25 à 30 000 euros nécessaires par exploitation pour se réapprovisionner en fourrage pour faire face à cette sécheresse exceptionnelle dans les Vosges depuis la mi-juin, et n’hésitait pas à parler de calamité agricole. Et les représentants de la FDSEA88 et des JA, demandaient à être payés en temps et en heure après avoir joué le jeu et fait le job. D’autres sujets venaient se greffer, comme les attaques de loup soulevées par le député Gaultier, tout comme la crise de scolytes qui touche 600 000 m3 d’épicéa dans le Grand Est, les problèmes d’eau…

«Je suis un des vôtres»

C’est avec une écoute attentive et bienveillante, que le ministre Didier Guillaume enregistrait toutes ces informations avant d’y répondre. «J’ai voulu m’arrêter dans les Vosges parce que j’y ai des amis (Daniel Gremillet et Jackie Pierre), puis je suis conscient de la situation dans laquelle se trouve les agriculteurs vosgiens. Je suis un des vôtres car je suis fils d’éleveur et j’ai connu mon père vivre avec 450 euros. Donc je connais vos problèmes. En tant que ministre, je veux être pragmatique et le protecteur de l’agriculture française, et être le promoteur des agriculteurs. L’état sera au rendez-vous avec des dégrèvements de la taxe sur le foncier non bâti, le report ou l’allègement avant l’hiver, des paiements des cotisations sociales. L’Etat ne vous laissera pas dans la galère et j’ai compris que vous aviez besoin d’une bouffée d’oxygène dans la trésorerie. Je suis convaincu que l’agriculture est encore un métier d’avenir. L’Etat va prendre ses responsabilités. J’ai entendu et j’ai vu…», déclarait en substance et en autre, le ministre Didier Guillaume, qui ne faisait pas l’impasse non plus sur les OGM, les pesticides et la gestion des ressources en eau.

Jusqu'au départ du ministre, Jérôme Mathieu a fait comprendre l'importance de sa venue dans les Vosges.

Jusqu’au départ du ministre, Jérôme Mathieu a fait comprendre l’importance de sa venue dans les Vosges.

Visiblement le discours et la proximité de Didier Guillaume a séduit et conquis les personnalités présentes. «C’est la première fois que l’on rencontre un ministre avec une telle écoute et une telle connaissance du monde agricole. Après il faut voir les actes…», analysait Jérôme Mathieu qui a remis un dossier complet au ministre. Quant à Thierry Mourot, lui aussi est tombé sous le «charme» de cette visite ministérielle. «Personnellement, je n’attendais rien de spécial car j’ai cherché moi-même des solutions de ravitaillement pour le fourrage et la paille, même si ce n’est pas évident. Mais l’avenir est préoccupant avec un risque de décapitalisation si je ne peux pas compenser le déficit. Néanmoins, je suis ravi d’avoir été un peu le porte-parole de mes collègues.»

Alain Buffe

L’agriculture vosgienne en quelques chiffres

90

C’est le nombre d’exploitations de caprins (1 404 reproducteurs).

276

C’est le nombre d’activités en agriculture biologique.

382

C’est le nombre d’exploitation d’élevages d’ovins (35 203 reproducteurs).

400

C’est en millions de litres par an (400 174 000), le volume de lait livré aux industriels par 1 050 producteurs. Les Vosges sont les premiers producteurs laitiers du Grand Est.

2561

C’est le nombre d’exploitations agricoles en élevage bovins (28 307 vaches allaitantes et 60 987 laitières).

48 600

C’est le nombre minimum de propriétaires forestiers dont 72 % ont une surface inférieur à un hectare. De 2013 à 2016, l’animation réalisée auprès de ces propriétaires dans les Vosges a permis de mobiliser 133 000 m3 de bois.

A. B.




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