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mardi 16 oct 2018
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La bataille de l’eau se poursuit de plus belle Nestlé Waters plus que jamais dans le viseur du Collectif Eau 88, en témoigne le monument de paille érigé à Valfroicourt.

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Si sur le fond, la protection de la nappe vittelloise du Grès du Trias inférieur (GTI) est une cause juste, louable et indispensable, sur la forme, il y a peut-être à redire… Toute personne sensée ne peut que militer pour la protection environnementale et de la nappe phréatique, à commencer par le minéralier Nestlé Waters, car on imagine mal, l’industriel «assécher» son capital. Une problématique qui ne date pas d’aujourd’hui et à laquelle se sont heurtés tous les préfets qui se sont succédés, sans pourvoir y apporter de solutions pérennes. Depuis les années 2000, le serviteur de l’Etat de l’époque avait limité par arrêté préfectoral, les prélèvements à un million de m3 par an. Dix ans plus tard, les prélèvements étaient passés à plus de trois millions de m3 par an, d’où la nécessité d’une commission locale de l’eau (CLE) pour tenter de réduire le déficit annuel, et d’un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

Mais depuis 2016, des associations de protections environnementales montent au créneau pour dénoncer les abus de prélèvement et les conflits d’intérêts, et dès lors, Nestlé Waters (qui puise quelque 28 %) devient la cible quasi unique, alors que la fromagerie de l’Ermitage, sise à Bulgnéville, prélève également à hauteur de quelque 17 %. Le collectif «Eau 88» se créée pour mener la bataille de la surexploitation de la nappe GTI, avec quatre associations : Vosges Nature Environnement et Jean-François Fleck, Oiseaux nature et Bernard Schmitt, qui sont les principaux porte-paroles, puis l’ASVPP (association de sauvegarde des Vallées et de prévention des pollutions) qui est représentée par Christian Villaume, et UFC que choisir 88 dont la représentante est Christiane Lecoanet.

Les médias, «armes» de dissuasion du collectif

Force est de constater que sur le plan médiatique, le collectif mène les débats et s’est se faire entendre, contrairement à Nestlé qui se fait plutôt discret, hormis un communiqué. D’ailleurs dernier fait d’armes retentissant, l’inauguration (le 8 septembre) d’un monument de paille de 12 tonnes, baptisé «porte du désert», et érigé par un agriculteur de Valfroicourt, Jean-Marie Chevrier. Le message ne souffre d’aucune ambigüité quant au mécontentement. Quelque deux cent sympathisants était présents, toutefois parmi eux, on pouvait s’étonner de rencontrer quelques personnes qui ont bénéficié directement ou indirectement des «largesses» de Nestlé. Mais peut-être n’étaient-ils pas au courant !

Sur les prises de paroles, toujours les mêmes discours : celui de mettre fin aux prélèvements, d’un moratoire, du non forage sur la commune de Valfroicourt ou Removille, d’une concertation et de la nomination d’un garant… Sans oublier au passage, le soin d’égratigner le préfet et le député Jean-Jacques Gaultier qui ont été conspués lors de ce rassemblement. Mais pas de réelles solutions à proposer qui ne mettent pas en péril l’emploi et l’économie locale et territoriale. De plus, on clame qu’il n’y a rien de politique dans ces revendications, or le doute est permis, quand on connaît certains personnages et leur accointance, voire leur ambition.

Et alors que le problème local n’est pas résolu, on évoque aussi les problématiques de Nestlé à l’international (le Canada pas exemple).

Nomination d’un «garant»

Il semble qu’une partie des vœux du collectif ait été entendue, puisque la préfecture des Vosges et le Conseil départemental ont signifié dans un communiqué commun que la Commission nationale du débat public (CNDP) avait nommé un «garant», pour une concertation dans le dossier du SAGE GTI. Ce qui n’enlève en rien, le fait qu’une enquête publique devrait probablement se tenir avant la fin de l’année.

Mais qu’en est-il de ces forages et des transferts ? «C’est confus et pas clair», expliquait le maire de Valfroicourt, Marcel Loegel, qui ne savait pas exactement où se trouvait les points d’extraction. Quant à l’édile de Vioménil, Sylvain Fransot, il espérait collecter le maximum de signatures de maire. «J’en déjà une dizaine de signataires en moins de trois quart d’heure. Il y a 513 maires dans les Vosges, donc pourquoi pas 513 signatures…»

Si le collectif voit le verre à moitié vide, voire complètement vide, on peut y voir aussi le verre à moitié plein car Nestlé Waters, ce sont des emplois même s’ils tentent à diminuer, l’économie locale avec les taxes sur l’eau, la protection des nappes phréatiques qui est un exemple du genre avec la filiale Agrivair, la renommée internationale des marques Vittel et Contrex, le thermalisme, le sport…

Alain Buffe

Toutes les actions et documents SAGE sur le site de «l’Eau qui mord»

www.leauquimord.com

Communiqué Nestlé Waters

www.nestle-waters.fr/faq/proteger-la-ressource-en-eau-et-l-environnement/la-nappe-gti-de-vittel

 




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