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lundi 18 déc 2017
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Une rare tombe à char princière au Musée départemental d’art ancien et contemporain

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Musée_Départemental_Vosges

La tombe à char de Marainville-sur-Madon sera présentée au public le vendredi 13 octobre, à l’occasion de la conférence de Thierry Dechezleprêtre, conservateur du Musée départemental à 17h30, à Epinal. Les objets exceptionnels découverts dans cette tombe ont fait l’objet de nombreuses expositions en France avant de rejoindre le musée départemental où ils seront désormais présentés dans le nouvel espace consacré aux grandes périodes chronologiques.

Une nécropole celtique

La vallée du Madon se caractérise au 6e siècle avant notre ère par l’existence d’une aristocratie guerrière dont les manifestations les plus spectaculaires sont les sites fortifiés et les nécropoles.

Cette tombe à char, fouillée entre 1988 par Laurent Olivier, était située au centre d’un tumulus totalement arasé qui, à l’origine, mesurait 30 m de diamètre pour une hauteur évaluée à 2 à 3 m. La sépulture avait été placée au sein d’une chambre funéraire rectangulaire d’environ 3 sur 4,5 m, construite avec des madriers de bois. L’individu inhumé, un homme mort entre 20 et 40 ans, était de haute stature (1,78 m) et avait bénéficié d’une alimentation riche en protéines animales.

Un service à boisson, ainsi que le harnachement de deux chevaux (phalères, mors en fer, joug ?), étaient déposés à côté du défunt. Le char à quatre roues appartient à un type réparti de la Bohême à l’Est de la France. Les jantes en bois, d’un diamètre d’environ 85 cm, étaient recouvertes de bandages en fer. Les moyeux en bois étaient protégés par des boîtiers en bronze décorés par une frise de chevaux stylisés associés à des rouelles – symbole solaire – à huit branches.

Ce char d’apparat appartenait vraisemblablement à un personnage important, peut-être un prince si l’on considère nos connaissances sur le 1er âge du Fer. En effet, la découverte de tombes se distinguant par la présence d’objets de prestige et d’armement est à l’origine du phénomène des principautés celtiques. Moins connue jusqu’à présent que la tombe de la princesse de Vix, celle de Marainville-sur-Madon présente de nombreux points en commun.

Une épée très rare

Parmi les objets déposés dans la tombe, figure notamment une épée longue de cavalier – type Mindelheim – dotée d’un pommeau en ivoire incrusté d’ambre provenant de la mer Baltique. Cet objet, originaire vraisemblablement d’Afrique, témoigne de l’existence de courants d’échanges entre les mondes celtique et méditerranéen au VIe siècle avant notre ère.

Un service à boire

Parmi les objets mis au jour près de la tête du char, figurent notamment un chaudron, une coupelle en bronze et le harnachement de deux chevaux. Cette coupe carénée en alliage cuivreux appartenait au service à boire dont la pièce principale était le Lebes, un grand chaudron qui servait à préparer la boisson. Cette vaisselle constituait vraisemblablement un cadeau de très grand prix offert par une cité grecque ou étrusque.




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